Débat National sur la Transition Energétique : Le conseil national face à quatre Scénarios


Ce jeudi 23 mai, le conseil national du débat national sur la transition énergétique s’est réuni pour la 7ème fois en séance plénière, quai de Grenelle à Paris. Au programme ce matin, il y avait notamment la présentation des résultats du groupe de travail  chargé d’évaluer les scénarios énergétiques possibles à horizon 2050.

 

Faute de consensus, 4  trajectoires différentes proposées

Finalement, faute de consensus, ce sont quatre trajectoires différentes qui ont été présentées ce matin devant le Conseil National. En effet, deux sujets ont provoqué des divisions au sein du groupe de travail : la place du nucléaire en France et la réduction de la consommation énergétique dans les 50 prochaines années. Résultat, le choix reste à faire entre des propositions bien différentes :

  • Le scénario « sobriété » : Pour rendre possible à la fois la sortie du nucléaire et celle des énergies carbonées (pétrole, charbon, gaz), la demande en énergie est divisée par deux. Pour atteindre cette sobriété énergétique il s’agit de mettre un coup de frein à la consommation de masse et à l’étalement urbain tout en rénovant 750.000 logements chaque année, organiser le recyclage de masse et développer l’agriculture biologique. . Dans ce scénario, le rôle de la biomasse (bois, etc.) est multiplié par dix et occupe 46% du mix énergétique Français, et les autres énergies renouvelables passent de 3% à 43%. Coût d’investissement estimé: 62 à 69 milliards d’euros annuels
  • Le scénario « efficacité », qui retient comme le premier une baisse de 50% de la consommation en énergie, mais dans lequel l’électricité joue toujours un rôle crucial. Les principales économies sont faites sur le transport des marchandises et des personnes.  Ce scénario prévoit que l’efficacité électrique permet de diviser par 2 la part du nucléaire (24,8%,) les renouvelables avec la biomasse occupent plus de 50% du mix et le gaz garde un rôle significatif.  Coût d’investissement estimé: 56 à 63 milliards d’euros annuels.
  • Le scénario « décarboné » qui table sur une réduction moindre de la consommation en énergie (20%)  et reconnait au nucléaire son efficacité pour lutter contre les émissions de CO2.   Pour répondre aux engagements de la France quant aux réductions de ces émissions, la  part de l’’électricité dans la consommation d’énergie est doublée d’ici 2050 (utilisation de voitures électriques et hydride, chauffage par pompes à chaleur,…). Coût d’investissement estimé: 49 à 57 milliards d’euros par an.
  •  Le scénario « diversité » table lui sur une réduction de la consommation énergétique plus modérée tenant compte de l’augmentation de la population (75 millions de Français en 2050 ) et prévoyant une croissance économique de 1,7% par an. Une fiscalité énergie-climat (type taxe carbone) sanctionne les énergies trop polluantes. La part du nucléaire est très légèrement réduite et une partie du parc est renouvelé tandis que la part des renouvelables hors biomasse passe de 3 à 30%. Coût d’investissement estimé: 48 à 51 milliards d’euros par an.

 

Un point d’accord : une étude sur la faisabilité de la réduction du nucléaire

Le seul point de consensus ? La proposition d’une « étude pluraliste de faisabilité » sur l’objectif présidentiel de réduction du nucléaire à 50% du mix électrique en 2025. Une autre étude, de la Cour des Comptes cette fois, serait commandée en parallèle pour apporter des précisions quant aux écarts entre les différentes estimations du coût du nucléaire.